dimanche 25 avril 2021

"Malgré nos différences..." de Fanny André

 


ELLE se retranche derrière une chevelure aux reflets bleutés et une frange soigneusement disposée pour masquer la moitié de son visage marqué de cicatrices indélébiles. LUI cache ses blessures d'enfance derrière son look de jeune premier, ses tatouages et son corps « bodybuildé ». ELLE a une peur panique dès qu’elle est en présence d’un chien. LUI a une relation fusionnelle avec son beauceron qui ne le quitte pas. ELLE a fait le choix d’éviter au maximum les autres en se cachant derrière des tenues passe-partout et des mèches de cheveux qui passent par toutes les nuances du bleu. LUI a fait le choix d’aller vers les autres, au risque de les bousculer pour s’intégrer.

Ainsi commence une improbable collocation.

Par petites touches discrètes, l’autrice nous fait découvrir comment, d’abord intrigués par cet être si différent, ils vont cheminer, doucement, l’un vers l’autre.

Chacun, de son côté, consciemment ou pas, va faire des efforts pour comprendre et essayer d’approcher l’autre pour l’aider.

Au-delà des références musicales ou cinématographiques qui ne parleront peut-être pas à tous. Au-delà du parler « trash » qui inscrit ce roman dans son époque et dans ce monde de tous jeunes adultes qui sortent à peine de l’adolescence. Cette lecture est prenante, voire addictive.

Fanny André prend le lecteur par la main pour lui faire découvrir le bonheur de s’affranchir de l’image que l’Autre veut bien afficher pour s’intéresser à qui il est vraiment. C’est une ode à la tolérance, à l’empathie, à l’acceptation de la différence.

De nombreux passages vont faire vibrer le lecteur, dévoilant au travers des ambiances qu’elle nous fait partager toute la sensibilité créatrice de l’autrice.

J’ai lu ce roman avec beaucoup d’émotion ! Lorsque j’en ai eu terminé la lecture, je me suis plu à croire que c’était le temps passé sur ma liseuse, tard dans la nuit, qui suscitait ces étranges picotements au coin de mes yeux.


mercredi 7 avril 2021

"Bretzel & Beurre salé" de Margot et Jean Le Moal

 


C’est avec beaucoup de plaisir que je viens de lire ce roman qui me fait découvrir l’univers du « Cosy Crime ».

Cette aventure d’une alsacienne en terre bretonne nous conte avec saveur les efforts que va déployer « l’étrangère » pour essayer de s’intégrer dans une petite bourgade bretonne, riche de son identité, lourde de ses secrets et presque unanimement solidaire face à « l’envahisseuse ».

Il est vrai qu’acheter l’une des plus belles propriétés de la commune, y faire des travaux jugés « pharaoniques » ou presque et, de plus, vouloir faire manger des tartes salées et de la choucroute sur le port n’est pas du goût de tout le monde.

Margot et Jean Le Moal nous font les témoins de ce difficile essai d’intégration dans ce « cosy crime » au style léger et addictif.

Cette une lecture plaisir qui se dévore et dont on voit trop rapidement la fin. Heureusement que trop de choses restent en suspens pour que l’on ne puisse se passer d’une suite annoncée pour mi-juin.


lundi 24 août 2020

 

C’est avec un plaisir infini que je viens de lire ce roman d’Alice Quinn.

Ce qu’elle nous conte est addictif. Les personnages sont dévoilés par petites touches. Ils sont tous très attachants. L’interaction entre chacun d’eux se met en place avant même que de les connaître vraiment et la découverte de leur histoire nous aide à les comprendre de mieux en mieux.

Et c’est ce qui fait le charme de cette romance… Les mots me manquent : romance « saveur », romance « sucrerie », romance « espoir de vie », romance « empathie » …

Selon les propos de l’autrice, elle-même, on trouve dans ce sympathique petit troquet que l’on voudrait près de chez soi, au coin de sa rue, des individualités « cabossées » par la vie. Au fil des pages, chacun d’entre eux va faire un pas vers l’autre en s’oubliant un petit peu. Spectateurs muets et pourtant si présents sont là aussi une petite chienne et un chat bien singuliers.

Une des particularités de cette romance, c’est que l’on voudrait la dévorer, mais qu’il est impossible de le faire car chaque mot compte, voire chaque signe de ponctuation.

Au fil des quelques semaines vécus avec ces habitués de la « Petite Fabrique », on sent grandir jusqu’à devenir étouffante et anxiogène la crainte de ce virus qui suscite tant de commentaires, avisés ou fantaisistes, abreuvée par de folles informations.

En filigrane, la littérature qui va transporter tout ce petit monde dans des moments magiques de partage à travers la lecture de morceaux choisis accompagnés des saveurs auxquelles ils se réfèrent.

Un message d’espoir pour dire que chacun a en soi suffisamment de ressources pour « rebondir » et qu’ensemble, toutes les individualités unies dans une action commune peuvent faire de grandes choses…

L’autrice nous dit :

« Tout l’enjeu du livre a résidé pour moi dans la cohabitation entre ce virus anxiogène

et ma volonté d’écrire un roman qui donne de l’espoir et qui fasse du bien à ceux qui s’y plongent. »

A mon humble avis, le pari est réussi et je vous engage sans plus tarder à vivre des moments de lecture qui vont vous faire du bien.


dimanche 7 juin 2020

"La dernière aventure" T8 des Sexagénaires Enervés



En même temps que l’on retrouve avec un infini bonheur nos trois amis et leur environnement familier, il nous faut bien admettre qu’ils subissent eux aussi « des ans l’irréparable outrage ».
José, en bon épicurien, va être le premier victime d’un crochepied de la Vie. Les bonnes daubes accompagnées de polenta de Nicole, « gangasser » trop souvent la terrine le conduisent à un petit incident cardiaque et à un séjour forcé dans une maison de repos d’une petite commune du Haut Var.
Il y est conduit par ses deux amis qui fourmillent d’idées pour se voir régulièrement. Ils assurent par ailleurs l’accueil des deux animaux de José, ce qui lui enlève son principal souci pour cette absence programmée d’un mois.
Mais, José n’est pas la seule victime d’un accident de parcours. A peine dans sa maison de repos, c’est la planète entière qui va devoir se colleter avec une pandémie inédite.
Et voilà notre ami, « sujet à risque », confiné dans sa chambre. Difficile pour cet amoureux de liberté et d’espace de se plier aux règles que veut lui imposer l’institution qui l’héberge.
Roman d’actualité, nous allons vivre de l’intérieur la mise en place des mesures de protection dans une structure qui accueille principalement des personnes fragiles et âgées. En espérant que pour beaucoup d’autres établissements, cette crise ait pu être gérée de manière plus humaine et respectueuse.
Heureusement la téléphonie mobile lui permet de garder le contact avec Nicole et ses amis.
Inconditionnel des espaces naturels, au fil d’une ballade illicite au fond du parc de la maison de repos il découvre un vieux bâtiment abandonné. Rêveur impénitent, il y imagine la vie d’alors et, comme Norma, même si cela est moins prononcé, il y ressent des présences éthérées.
Ce sera le début d’une aventure truculente que je vous laisse le soin de vivre, contée avec talent par Chris Tabbart. A terme, ses amis indéfectibles vont être obligés de monter une opération d’exfiltration en plein confinement…
La relation de leur trajet par des petites routes pittoresques, à l’abri de la maréchaussée qui bloque tout déplacement non essentiel, va permettre à l’autrice de nous régaler de ses talents de conteuse. Les descriptions des paysages traversés sont dignes des meilleurs guides touristiques et donnent envie d’y aller voir.
Un excellent moment de lecture que je vous conseille vivement.
Seul bémol : je n’aime pas le titre ! Ce ne peut être la dernière aventure…

samedi 11 avril 2020

"Le Testament de l'Alchimiste" de Jacques Vandroux



Il y a quelques temps j’écrivais en commentant le Sceau des Sorcières de Jacques Vandroux :
Avec ce nouveau roman, il se condamne implicitement à nous faire vivre, un jour prochain, l’ascension du Mont Gargas et la prochaine aventure de Nadia Barka.
Et bien nous y voilà. Nous retrouvons Nadia Barka quelques années plus tard. Elle est maman, mère d’une adorable petite Adèle, et est toujours diminuée physiquement suite aux blessures d’une précédente aventure. Animée d’une volonté farouche, elle lutte de tout son être pour récupérer son intégrité physique contre des avis médicaux désespérément pessimistes.
Alors qu’elle commence juste à se déplacer, tant bien que mal, avec des béquilles, elle est conviée à l’ouverture du testament d’un vieil aristocrate qu’elle n’a rencontré qu’une seule fois lors d’un séjour à Rome.
L’héritage insolite qui lui est dévolu va l’entraîner dans le monde sombre et occulte de l’alchimie.
Tout au long de cette quête, Nadia va se demander pourquoi c’est elle qui hérite de cette mission. La voilà partie à la recherche des ingrédients fondamentaux cachés il y a quelques siècles par un alchimiste de génie. Prudent, il les avait disséminés entre la France et l’Italie ne laissant qu’un message codé à ses disciples… pour le jour où…
Elle va se heurter à la collusion de financiers véreux, proches du pouvoir et des réseaux mafieux qui n’hésitent devant rien pour arriver à leurs fins.
C’est à une course contre le temps qu’elle va se voir contrainte de livrer contre un tueur à gage sadique, impitoyable et insaisissable.
Quoiqu’en arrêt de travail, elle va faire jouer ses réseaux pour participer à cette enquête hors norme. Bien que profondément cartésienne, elle va vivre au fond d’une crypte oubliée une expérience qui va lui rendre son intégrité physique. Elle en sortira complétement guérie et encore plus perplexe sur les forces telluriques que peuvent concentrer certains lieux.
Au fil des péripéties de cette rocambolesque aventure qui s’enchainent de manière effrénée, Nadia va enfin triompher de celui qui est devenu son ennemi personnel. Elle va profiter d’un concours heureux de circonstances pour faire disparaître l’un des ingrédients de la pierre philosophale, écartant ainsi tout risque de voir un jour se réaliser « le Grand Œuvre »…
Et si c’était tout simplement de cette « Mission » dont elle avait hérité ???
Jacques Vandroux, encore une fois, capte avec talent son lecteur pour ne plus le laisser souffler jusqu’au mot « fin ».

mardi 3 mars 2020

"Maldonne au Festival de Cannes" T5 de "Au pays de Rosie Maldonne" de Alice Quinn



Les contraintes de la vie courante sont toujours aussi pesantes pour Rosie qui a toujours du mal à assurer le quotidien de sa petite famille. Toujours à l’affut d’une bonne opportunité, la voilà qui livre aux copains « Gilets jaunes » les invendus d’une boulangerie tous les samedis matin. C’est l’occasion de régaler les enfants de viennoiseries.
C’est ainsi qu’elle se retrouve sur un rond-point de Cannes en période de festival. Une altercation qui tourne mal entre les manifestants qui tiennent le rond-point et un obscur acteur qui cherche le buzz va être l’élément déclencheur d’une succession d’aventures qui vont emporter notre Cricri dans un feu d’artifice de situations rocambolesques.
Une constante qui rend Rosie profondément attachante est son approche de la Vie. Noyée dans ses difficultés, elle n’en reste pas moins à l’écoute des autres. Elle est dans son époque, même si sa lecture en est parfois faussée par son enthousiasme, son franc parler, les messages subliminaux de sa mère et son vécu.
Elle est de tous les combats sociétaux du moment, mobilisée sur tous les thèmes, parfois avec maladresse. Et tout cela dans le souci permanent qu’elle a de ses filles.
Je ne souhaite pas déflorer plus ce livre qui m’a vraiment plu, dans la veine de la série « Au pays de Rosie Maldonne » …  
Sauf que l’auteure nous annonce que c’est le dernier…
Je me permets de citer un paragraphe de son épilogue qui, pour moi, dit tout !
« Jamais je ne pourrai lui rendre tout ce qu’elle m’a donné, mais pour notre dernier tour ensemble, je lui ai offert un bouquet final, je crois qu’elle en rêvait : une soirée de gala au Festival de Cannes.
Pour le reste, et même si je l’ai fait avec le plus de légèreté possible, je n’ai eu qu’à piocher dans l’actualité pour planter mon récit et la vie de Rosie au beau milieu de notre époque chaotique et dramatique : les Gilets Jaunes, l’alimentation végane, l’économie solidaire, le zéro déchet, le réchauffement climatique, le chômage, la violence contre les femmes, le harcèlement sexuel, la corruption – entre autres dans le monde du foot –, l’omniprésence des réseaux sociaux. Cela faisait partie du feu d’artifice de sa fête d’adieu. ».
Comme pour les précédents opus de cette série, je ne peux que vous engager à vous plonger dans cette lecture plaisir.

vendredi 10 mai 2019

"Facteur X" de Chris Tabbart



Une nouvelle mutation éloigne un peu plus Georges Carpioni de la grande ville pour le rapprocher du Haut Var. Le voilà en poste à Vinon-sur-Verdon où le rejoint quotidiennement son adjoint qui continue à résider à Pertuis. Ce nouveau poste le rapproche aussi de Hélios et de ses amis.
Pour un petit pays où il ne se passe pas grand-chose, l’assassinat d’un facteur retraité dans un bourg voisin est un coup de tonnerre. Et, comme un malheur n’arrive jamais seul, dans les jours qui suivent, c’est le frère de la première victime qui est, lui aussi, assassiné.
L’enquête qui s’annonce ne va pas être simple, car tout ramène à un passé plus ou moins lointain dont personne ne semble se souvenir.
Avec bonheur, nous allons suivre Georges dans ces lieux magiques que Chris Tabbart sait si bien nous conter.
Georges va, une nouvelle fois, se fier à son intuition qui le pousse à rencontrer les gens du cru plutôt que de faire des recherches dans les dossiers, aujourd’hui informatisés.
C’est ainsi qu’il va nous faire rencontrer quelques figures de ce pays où l’on sent qu’il fait bon vivre. Les personnages sont croqués avec beaucoup de finesse et donnent envie de mieux les connaître. Cependant, ils vont au pas lent de ceux qui ont vécu et ne se dévoilent que petit à petit. Heureusement notre policier est patient et s’imprègne peu à peu de cette sagesse du terroir qui le fait se hâter lentement.
Encore un écrit de grande qualité que nous offre Chris. Au travers de cette enquête, Georges nous livre quelques profondes réflexions sur la vie, sur l’évolution de notre société, sur l’âme humaine et ses insondables mystères.
La lecture de ce nouveau roman nous offre une pause salutaire, propice à la réflexion. Elle nous incite aussi à découvrir ce terroir, qui quoique très touristique, sait révéler au flâneur quelques merveilles soigneusement dissimulées.
A lire avec délectation... comme à l'accoutumée avec les romans de Chris Tabbart.

jeudi 20 décembre 2018

"Quand Noël déraille" de Fanny André



Tout le mode rêve d’un Noël blanc, d’un Noël sous la neige… L’héroïne de cette aventure en rêve aussi. Sa vie d’« éxécutive woman » ne lui laisse pas trop le temps de s’occuper d’elle, de penser à elle, de se vouloir simplement heureuse, bien dans sa vie.
Cette veille de Noël, elle monte dans un Thalys à destination de Bruxelles pour partager cette fête avec son père. Elle a presque tout prévu pour décorer le sapin, faire un petit réveillon conforme aux nouveaux choix alimentaires de ce père qui se découvre, un peu tardivement, une âme « écolo ».
Enfin installée à sa place, elle se prépare à souffler deux petites heures, le temps du trajet…
Mais parfois la vie envoie des signes, même si a priori tous les indicateurs sont au rouge, annonciateurs d’une série d’événements qui ne peuvent que se conjuguer pour gâcher le Noël des voyageurs de la voiture 6 du Thalys pour Bruxelles.
Au fur à mesure que la neige tombe, que le train ralentit pour ne plus rouler qu’au pas, tous commencent à comprendre que la nuit de Noël va se passer dans ce wagon.
Et c’est ainsi qu’une mamie languedocienne, une jeune maman et sa fillette, un dessinateur talentueux, un chanteur timide et Lune, notre héroïne, vont se rapprocher peu à peu pour partager et vivre cette veillée de Noël.
Difficile d’en dire plus sans en dire trop. Dans cette courte romance, on retrouve tout ce qui fait la magie de Noël, joie, partage, envie de faire plaisir à l’autre… Chaque personnage y est décrit, à petites touches, avec beaucoup de délicatesse. Très vite, on les voit, assis sur la banquette voisine.
Et si, au rythme de ce train grande vitesse roulant au pas, pas à pas, Lune allait vers une nouvelle vie à laquelle elle aspire inconsciemment. Une vie de partage, d’amour, pleine de projets qui vont se construire à deux.
Bonne lecture ! Cette parenthèse réveillera en vous quelque souvenir d’un Noël que l’on a particulièrement aimé…

lundi 17 décembre 2018

"Classe 48" Tome 7 des "Sexagénaires énervés" de Chris Tabbart



Opus 7 des « Sexagénaires énervés ». Au fil de la vie et de leurs aventures que nous avons pu partager dans les six premiers tomes, nos amis arrivent dans les « Septantièmes rugissants »… On pourrait les penser amortis par l’âge et par la vie, mais nos trois compères sont toujours bien là.
Albert et Hélios, chacun à sa manière, profitent d’une douce vie de famille qui semble bien leur convenir. La solitude commence à peser sur les épaules de José dont le quotidien, même partagé avec Edwina, sa chienne et le chat Raymond, est bien morne. Il ose de moins en moins aller déranger ses amis, peut-être pour s’éviter le triste constat du vide de son vécu.
Fort à propos, il est relancé par une amie qui se verrait bien plus proche de lui, dans une journée retrouvailles des anciens de son collège.
Et là, son passé dont il n’aime pas trop parler le rattrape. Heureusement, l’amitié indéfectible de ses deux comparses va venir l’épauler et le soutenir.
Au fil des pages de ce roman, à travers les réflexions des divers personnages, l’autrice nous fait partager ses ressentis sur l’actualité, sur les grands thèmes de notre époque, sur notre relation à l’autre et à la Nature.
Il suffit de se laisser porter par cette lecture, addictive et ô combien plaisante, pour se trouver « téléporté » en Haute Provence. On s’y délecte des descriptions des paysages, on y sent toutes les odeurs de ce terroir encore un peu préservé de la folie des hommes. On se dit : « Tiens, pourquoi ne pas aller parcourir à nouveau ces petites routes pittoresques »… Elle nous donne envie de nous arrêter sur la terrasse ombragée du « Mistral » pour s’y rafraîchir, écoutant vaguement, sans tout comprendre, les rodomontades des autochtones…
Le dénouement arrive bien trop vite et, le seul souhait que l’on puisse faire, c’est de prêter longues vies à nos amis afin que Chris Tabbart continue de nous régaler de leurs aventures qui ne peuvent s’arrêter là.
Vous comprenez qu’une fois de plus, j’ai adoré. Un seul conseil et pour le cas où vous ne connaîtriez pas « Les sexagénaires énervés », si vous avez plaisir à lire de belles histoires qui sentent bon « le chez-nous », bien écrites, allez-y !!! Vous ne serez pas déçus…

jeudi 16 août 2018

"L'ombre de la Licorne" de Chris Tabbart



Une nouvelle fois Chris Tabbart nous entraîne sur des chemins connus d’elle seule. Georges Carpioni, dans les bras de la belle Véronique s’est « civilisé », « adouci », et c’est en toute quiétude qu’il a même accepté de « partir en vacances » dans les Maures.
Las, en bon policier de série noire, il va très vite se trouver confronté à une série de meurtres insolites qui vont quelque peu perturber les vacances idylliques de nos amoureux. Il y retrouve même son fidèle coéquipier  marseillais, mis en pénitence dans ce secteur très calme par une hiérarchie qui tolère mal les fortes personnalités.
Dans ce roman, on y découvre un nouveau Georges, amoureux, savourant des bonheurs simples et se découvrant des capacités sensorielles qui semblent même le surprendre, lui le policier pragmatique.
C’est dans ses pas que nous allons retourner dans des contrées que Chris nous avait déjà fait découvrir dans « Les sortilèges des sombres ».
Le début du roman pose le décor avec des incursions au XIIème siècle qui vont nous faire découvrir une vieille légende qui va être le fil conducteur de cette étrange histoire.
Les événements actuels se déroulent dans une propriété familiale soumise, comme trop souvent, aux conflits d’intérêts qui font la plupart du temps péricliter ces grands domaines.
Dans les pas, au rythme des recherches et des découvertes de Georges, l’autrice nous décrit admirablement, comme elle sait si bien le faire, le massif des Maures qu’elle affectionne. On ne peut qu’avoir envie de se lancer sur les traces de notre enquêteur pour découvrir les petits joyaux de ce territoire si bien conté.
L’ambiance de ce centre hippique, les odeurs, les bruits, tous les ingrédients sont là pour donner envie de découvrir l’équitation et d’appréhender cette relation bien particulière entre l’homme et le cheval.
À nouveau, un moment de lecture magique… Un livre que l’on relit calmement, pour en profiter toutes les saveurs après une première  lecture boulimique qui nous fait « louper » tous les petits mots qui décrivent si bien les ambiances, les situations et même les personnages.
 À lire absolument… Et peut-être, d’ici quelque temps, une nouvelle aventure de ce sympathique enquêteur que l’on apprécie de plus en plus…

lundi 21 mai 2018

"Putain de vacances ! " Tome 1 de Florence Clerfeuille



Je terminais mon commentaire « Le Chat du jeu de quilles » par :
« Et rassurez-vous, Manon et Marc envisagent bien de continuer leur vie commune… avec un chat, bien entendu… »
Eh bien… nous y voilà ! Manon, désireuse de prendre quelques vacances au bord de la mer, loin des plages surpeuplées, a réservé une chambre d’hôtes dans un coin perdu de Vendée dont personne n’a jamais entendu parler. Elle y a entraîné Marc et bien sûr le chat, Galipette.
Saint-Hilaire-du-borgne est un petit port qui souffre de la crise et dont l’atmosphère est étouffée par la fermeture prochaine de la conserverie, seul employeur des environs.
À peine arrivés, la magie opère : « Et là, après le son, ce sont les odeurs qui nous arrivent. Iode, algues… Yeux fermés, le nez en l’air, j’apprécie. Depuis combien de temps est-ce que je n’ai pas vu la mer ? Tout à coup, je découvre que c’est exactement ce dont je pouvais avoir le plus envie aujourd’hui et la perspective d’aller plonger mes pieds dans le sable mouillé me rend d’humeur joyeuse. Comme le cri des mouettes, qui se met à enfler dans l’azur… »
Marc, insomniaque notoire, se réveille très tôt le lendemain matin pour aller promener sur la plage : « je m’avance vers l’eau. Bientôt, le sable devient humide. Je m’arrête, le temps de profiter de la sensation. Crispe mes orteils. Les enfouis dans le sable. C’est un plaisir qui me ramène des décennies en arrière… »
Cette promenade matinale va tourner court lorsque Marc perçoit de l’agitation du côté de la conserverie… Et, à partir de là, nos deux vacanciers vont très rapidement retrouver leur instinct de journaliste d’investigation. Face à deux décès inexpliqués, bien trop rapidement requalifiés en « suicides » à leur goût, les voilà qui se lancent dans une enquête qui va bien occuper leurs vacances.
Par petites touches, Florence Clerfeuille nous conduit par la main dans cette petite bourgade, à la rencontre de ses habitants, de leur quotidien, de leur passé qui peine à se dévoiler même si l’on a le sentiment que c’est là que tout réside.
Et, lorsque les choses semblent se décanter, prendre forme, une nouvelle mort brutale vient tout chambouler et nous dire qu’il ne sera pas trop d’un autre tome de « Putain de vacances ! »  pour approcher peut-être de la vérité.
Lecture plaisir que j’ai énormément appréciée. Les descriptions de paysages, les ambiances  transportent le lecteur sans aucun effort d’imagination au bord de l’océan. Reste une seule interrogation : « À quand le prochain tome ? »

vendredi 27 avril 2018

"Peace and Love" de Chris Tabbart



Dans ce nouveau roman, Chris Tabbart nous amène vers des contrées connues à la rencontre de personnages qu’elle nous a déjà appris à aimer.
On y retrouve tout d’abord Sylviane, du Mas du Limbert qui accueillit en son temps Paulo. Son prénom fait étrangement penser à une Christiane, amoureuse de la « sylve » qu’elle sait merveilleusement conter. Serait-ce une contraction ? (libre interprétation de ma part)… C’est elle, accompagnée de Lullu, sa Lhassa Apso, inséparable compagne de randonnée qui va découvrir des restes humains dans les ruines d’un prieuré du XIIe siècle.
Cette découverte va tout de suite interroger Georges Carpioni, le fils d’Hélios, capitaine de police à Pertuis. Un étrange bijou permet de dater le décès dans les années 70. Très rapidement, suite à l’expertise du légiste, il apparaît qu’il s’agit du cadavre d’une jeune femme, ayant récemment accouché et victime d’un traumatisme crânien.
Georges, aidé de son fidèle adjoint Pascal va très vite s’intéresser aux diverses communautés hippies qui ont fleuri dans la région à cette période. Il va activer ses réseaux, occultes car trop proches de sa famille, pour essayer d’appréhender ce qui a bien pu se passer à l’époque.
Son enquête va le conduire, de rebondissement en rebondissement, vers des choses du passé qu’il ne pouvait pas imaginer. Son quotidien et celui des siens vont se retrouver complètement « chamboulés ».
Avec son art de conteuse, Chris Tabbart va une nouvelle fois nous faire voyager et réfléchir. Elle nous décrit les idéaux de cette génération 70, avide d’une vie vraie, au plus proche de la nature. Elle aborde aussi, avec beaucoup de pudeur, les difficiles vécus de couples en mal de parentalité et y décrit des pratiques heureusement révolues de nos jours. Et, comme à son accoutumée, elle nous fait partager au travers de ses descriptions toujours si vivantes, son amour de la Nature.
Allez ! Je n’y résiste pas, un petit extrait, comme un bonbon à savourer :
« Le va-et-vient du râteau, le pépiement de la volaille alentours et le léger souffle qui toujours, à cet endroit, murmurait à la cime des arbres, tout cela le détendait, l’emmenait loin par-dessus le monde. C’était presque hypnotique, son esprit s’envolait, s’élevait sur les plus hautes branches à la rencontre du vent qui cascadait de Lure. Dans ces moments-là, il était pleinement heureux, il n’était ni homme, ni bête, ni végétal, mais il était tout cela à la fois. Il s’oubliait, il se diluait dans l’espace… »
Comme à l’accoutumée, un moment de lecture magique… A lire absolument…
Sur la page de titre intérieure, on ne peut pas ne pas relever une nouvelle fois le sous-titre « Une enquête de Georges Carpioni »… Chris, on attend une nouvelle enquête …

samedi 21 avril 2018

"Le dernier périple de Paulo" de Chris Tabbart



Je viens de relire avec infiniment de plaisir ce roman de Chris Tabbart… Et, cerise sur le gâteau, avec en main un exemplaire papier dédicacé à mon nom par l’auteure !
Je ne vous en ai pas encore parlé et ces quelques lignes vont réparer cet oubli regrettable.
Qu'il est sympathique ce Paulo. Soixante quinze ans révolus, mais bien dans sa tête et dans son corps. On en voudrait pour grand-père.  Cet ancien soixante-huitard ne veut plus vivre en maison de retraite « un nid de vieux » et a du mal à s’adapter en famille d’accueil jusqu’à ce qu’il pose son modeste bagage au Mas du Limbert. Et tout de suite Sylviane et Eric vont plaire à Paulo qui retrouve par la même occasion les Basses-Alpes, comme il continue à les appeler. Avec Eric, ils vont en parcourir les chemins de traverse à la rencontre/recherche de son passé. Lorsqu’il retrouve la bergerie où il a vécu les plus heureux moments de son existence, un signe du passé va faire lever en lui un immense espoir. Il va alors entrainer Eric dans une quête qui, après leur avoir fait parcourir la montagne de Lure, la vallée du Jabron, va même les pousser jusqu’au fond du Queyras, près de la frontière italienne.
"Les acacias en fleurs, poussés au hasard au milieu des arbustes bordant l'allée exhalaient leur entêtante odeur de miel. Un rossignol, tel un ténor d'opéra s'essayait à quelques trilles, en prévision de son chant nocturne? La menthe sauvage et le thym discutaient pour savoir lequel des deux ferait éclater ses notes de senteur le plus haut. Cette sympathique bataille de plantes aromatiques donnait au final un mélange fort intéressant qui flattait les narines des connaisseurs..."
C'est une vraie délectation que de le suivre dans la quête de son amour perdu. Que d'humanité dans le personnage. Merci Chris

jeudi 8 mars 2018

"La messe des morts" de Jacques Vandroux



Je viens de terminer avec bonheur la lecture du dernier roman de Jacques Vandroux ! Je l’attendais impatiemment et me voilà, encore une fois, subjugué par ce thriller.
Tout au long de ce roman, nous allons nous inscrire dans les pas de Michel Navarre, égyptologue devenu romancier à succès… mais est-ce bien là son vrai nom ?
Délaissant l’Égypte dont le souvenir vient encore hanter ses cauchemars, le voilà au fin fond de la Bretagne pour enquêter, à la demande de son père, sur un marin disparu en mer.
Dès son arrivée à Saint-Ternoc, au milieu de nulle part, ses « perceptions » vont se trouver décuplées. Au fil des rencontres, plus improbables les unes que les autres, en même temps qu’il cherche à comprendre les événements qui se succèdent dans ce petit bout de terre bretonne, il va se trouver amené à aller à la découverte de ce qu’il est réellement.
Cette quête va le conduire à se frotter aux aspects les plus noirs de l’âme humaine. Violence, soif du pouvoir, volonté de posséder, de dominer, rejet de l’Autre dans sa différence vont être le quotidien auquel il va être confronté.
Les personnages qu’il va côtoyer dans cet étrange voyage au fond de lui-même et de la forêt bretonne (plus magique que celle de Brocéliande aux dires de certains) ont tous une face cachée qu’il va lui falloir découvrir et appréhender.
Tous les mystères de cette Bretagne secrète se retrouvent dans cette aventure qui captive le lecteur  de la première à la dernière page. Du grand Jacques Vandroux, encore une fois… À lire sans retenue !!!

lundi 15 janvier 2018

"Qui sème le plomb" de Chris Tabbart


Quel plaisir de se replonger dans un roman de Chris Tabbart.
Elle nous entraîne dans une région qu’elle connaît bien et qu’elle décrit à merveille. Nous allons y retrouver des personnages que nous aimons bien puisque tous les protagonistes de la série « Les sexagénaires énervés » sont là, même s’ils ne sont qu’au second plan de cette enquête policière « de terroir ».
Georges, le fils d’Hélios, capitaine de police, a délaissé la vie stressante de Marseille pour venir exercer son métier dans une petite ville bien provençale.
Sa découverte de cette nouvelle vie, empreinte d’une connaissance profonde et viscérale de l’histoire du pays va le changer profondément de ses méthodes adaptées à une grande métropole. Les liens tenus du passé, qui expliquent en grande part le présent, vont lui être difficiles à appréhender.
Son enquête va le mener à s’immerger dans cette vie provinciale dont il ne connaît pas les codes, et c’est avec son adjoint, enfant du pays qu’il va découvrir le charme, la jovialité affichée et les noirceurs de cette Haute-Provence où vivent son père et ses amis.
Au cours des événements que relate  Chris Tabbart, des chasseurs, lobby provincial occulte et puissant, tombent.
Au rythme des pas, des recherches et des découvertes de Georges, l’autrice nous décrit admirablement, comme elle sait si bien le faire, sa Haute-Provence. On ne peut qu’avoir envie de se lancer sur les traces de notre enquêteur pour découvrir les petits joyaux de ce territoire si bien conté.
Comme à l’accoutumée, un moment de lecture magique… Un livre que l’on relit calmement, pour en profiter toutes les saveurs après une première  lecture boulimique où de nombreux aromes de cette Provence nous échappent. A lire absolument…

Sur la page de titre intérieure, on ne peut pas ne pas relever le sous-titre « Une enquête de Georges Carpioni »… De là à espérer d’autres enquêtes en Haute-Provence, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement… Chris, on attend une nouvelle enquête … Il se passe tellement de choses dans ces terres de Haute-Provence.

lundi 14 août 2017

"Echec et mac" Tome 6 des "Sexagénaires énervés" de Chris Tabbart


C'est toujours avec autant de plaisir que l'on retrouve dans ce sixième volet  de la série "Les Sexagénaires Énervés" nos trois sympathiques amis. Au fil des tomes, ils sont aussi un peu devenus les nôtres !
Un peu amortis par l’âge, par le quotidien, par les compagnes respectives qui les font évoluer différemment.
Mais il n’en faut pas beaucoup pour que l’indéfectible amitié qui les lie les conduise à nouveau sur le sentier de la guerre. Hélios a disparu et Albert et José abandonnent tout pour le retrouver. Ils vont même, à cette occasion, trouver un allié improbable dont ils auraient préféré, viscéralement, se méfier.
Contrairement à son habitude, Chris Tabbart nous immerge dans les bas-fonds de Marseille plutôt que dans quelque paysage magique qu’elle sait si bien nous faire partager.
De nouveaux personnages apparaissent, admirablement décrits… De vieux souteneurs, un curé défroqué, une professeure de collège et une policière bien singulière vont ainsi interférer dans cette intrigue qui captive et passionne.
Même si, en apparence, Albert et José ont vieilli, ils retrouvent des ailes et toute leur vitalité pour voler au secours de leur ami.
Dans ce sixième tome, Chris nous entraîne même aux portes du néant en nous contant, avec sa plume toujours aussi plaisante, une expérience de mort imminente… mais chut ! je ne peux en dévoiler plus… A vos liseuses !!!
Et, encore une fois, c’est sur la terrasse de la Bastide qu’on les laisse récupérer de cette folle aventure.

Vous comprenez qu’une fois de plus, j’ai adoré. Un seul conseil et pour le cas où vous ne connaîtriez pas « Les sexagénaires énervés », si vous avez plaisir à lire de belles histoires qui sentent bon « le chez-nous », bien écrites, allez-y !!! Vous ne serez pas déçus…

mercredi 9 août 2017

"Le poids de la colère" de Florence Clerfeuille


Dans cette suite très réussie de son roman « Le frisson de la liberté », Florence Clerfeuille nous entraîne dans les années  80.
Jacqueline et Maryvonne sont les mamans de deux jeunes filles, pratiquement du même âge, aussi amies qu’elles ont pu l’être, qui vont à leur tour découvrir la vie des jeunes étudiants dans une grande ville universitaire.
Isabelle et Elena font irrémédiablement penser à leurs mères au même âge. Bien que fondamentalement différentes, on voit revivre à travers leurs enthousiasmes et leurs engagements la volonté farouche d’émancipation qui a habité leurs mères quelque dix-huit années plus tôt.
Isabelle ne comprend pas sa mère, si « éteinte » à ses yeux. Elena partage beaucoup plus avec sa mère adoptive, célibataire, qui est beaucoup plus présente et passionnée.
C’est ainsi que, dans leurs  familles respectives, elles vont, à leur tour, essayer de se construire…
Au travers de ces moments de vie de ces deux  jeunes femmes en devenir, Florence Clerfeuille continue de nous brosser le lent cheminement des mentalités.
C’est avec beaucoup de plaisir que l’on partage, grâce à sa plume toujours aussi envoûtante, la découverte de la vie de femme adulte pour  cette deuxième génération dont l’histoire nous passionne.

A la fin de cette lecture captivante, une seule interrogation : mais que nous réserve le tome 3? Il ne saurait tarder à rejoindre ma liseuse !!!!

vendredi 4 août 2017

"Le frisson de la liberté" de Florence Clerfeuille


C’est avec infiniment de plaisir que j’ai lu le premier tome de cette saga familiale de Florence Clerfeuille.
J’avais d’abord hésité, car le sujet ne me « parlait » pas vraiment, à priori. Et puis, suite à un de ses posts sur son compte Facebook et ayant particulièrement aimé sa trilogie policière « Le chat du jeu de quilles » je me suis « lancé ».
Grand bien m’en a pris.
La lecture de ce roman est agréable. Très bien écrit, c’est un plaisir à dévorer, le terme n’est pas trop fort, car dès les premières lignes, je me suis vu « scotché » à ma liseuse pour ne la poser que tard dans la nuit.
« Cela n’avait rien à voir  avec la lecture, la vraie. Celle qui permet de prononcer des phrases entières. Celle qui fait s’envoler l’imagination, qui dessine des images de toutes les couleurs sur les prunelles de celui qui s’y adonne. Celle qui permet de voyager, de se sentir partir à la découverte de mondes aussi étonnants que merveilleux. Celle qui fait s’accélérer ou ralentir le rythme cardiaque du lecteur au gré du suspense et des avancées de l’histoire. »
Je suis de la génération de Jacqueline et Maryvonne mais j’ai vécu cette période de l’enfance et de l’adolescence côté garçons (à Montpellier)…
Cette lecture me fait découvrir aujourd’hui comment les femmes de ma génération ont vu leur condition évoluer, envers et contre tous les clichés qui, pour certains, perdurent encore…
Ce reflet d’une époque, pas si lointaine, incite à réfléchir sur notre société et  ses incohérences. La comparaison des statuts sociaux des familles des deux jeunes filles dans une petite ville de province (Lodève aux contreforts des Cévennes) en est une belle illustration.
Vers la fin du roman dont je ne veux pas dévoiler la chute, la manière dont s’accommode le père de Jacqueline de ces codes est saisissante et admirablement contée.

À lire absolument… Le deuxième tome est déjà dans ma liseuse.

mardi 14 mars 2017

"Les sortilèges des Sombres" T3 de Chris Tabbart



Le temps est passé au-dessus des Sombres et du Val du Loup. Au début de ce troisième tome, nous retrouvons Loup et sa sœur Alfide. La vie de ce « clan », hors normes pour l’époque, a pu se poursuivre en suivant fidèlement la ligne de conduite fixée par Renaud, évitant au maximum tout conflit avec l’environnement : « Pour vivre heureux, vivons cachés ».
Loup est porteur du savoir soigner ancestral et Alfide, attirée depuis toujours par l’occulte, semble être l’héritière spirituelle d’Aubrée des Sortilèges.
Alfide bien que pressentant des temps terribles pour leur communauté veut perpétuer la tradition en organisant la fête païenne de Samhain.
Au bourg voisin, le religieux a été remplacé, le frère aîné du Seigneur complote pour récupérer le titre, « La puissance religieuse et la féodalité s’aidaient mutuellement à imposer et à maintenir l’autorité ».
Le décor posé, Chris Tabbart va entraîner son lecteur dans un maelstrom d’événements qui vont porter ce dernier jusqu’à la fin de ce roman captivant sans lui laisser possibilité de reprendre son souffle et ses esprits.
Et, comme à son accoutumée, elle le régale au passage de savoureuses descriptions de paysages, d’ambiances, de sons et de fragrances de cette nature sauvage qu’elle semble si bien connaître et sait si bien conter…
Et enfin, lorsqu’il comprend que l’aventure s’arrête là, le lecteur est complètement désemparé.
Heureusement, il a le loisir de se replonger avec délectation dans la relecture de passages qu’il a trop rapidement « dévorés » pour les apprécier pleinement.

Merci Chris pour toutes les valeurs portées par ce roman et qui me parlent : les bienfaits des plantes et des médecines naturelles, la tolérance, le respect de l'Autre, du monde dans lequel on vit, le droit de vivre libre et d’entreprendre, le rejet de l'intégrisme…

samedi 1 octobre 2016

"Le sceau des sorcières" de Jacques Vandroux




Une nouvelle fois, Jacques Vandroux nous amène sur son tapis magique pour partager les aventures de la Capitaine Nadia Barka.
Ce roman nous plonge dans le sombre quotidien des policiers confrontés à des crimes sordides qui s’avéreront imputables à un passé lointain et sulfureux.
Avec son talent de conteur, Jacques nous entraine encore dans une aventure aux multiples rebondissements. Nadia va se lancer à la recherche de criminels peu  ordinaires. Du Vatican aux portes du monde de la nuit, elle va patiemment essayer de démêler un imbroglio dans lequel, à première vue, rien n’est cohérent. Elle va se heurter à la collusion des proches du pouvoir avec les réseaux mafieux. La personnalité des divers acteurs de ce drame à rebondissements est évoquée avec finesse et réalisme sans aucune complaisance. Les policiers sont des hommes et des femmes avec leurs forces, leurs faiblesses et leurs blessures. Ils se trouvent confrontés à un monde où l’argent, le pouvoir et les relations font perdre toute réalité à ceux qui s’y égarent. Le monde de la nuit et ses soirées libertines y sont décrits sans condescendance et sans voyeurisme malsain.
Jacques Vandroux, encore une fois, capte son lecteur pour ne plus le laisser souffler jusqu’au mot « fin ». Certains faits ne trouvent que dans les toutes dernières pages une explication logique et c’est un plaisir de lire une intrigue aussi complexe et aussi bien ficelée.
Avec ce nouveau roman, il se condamne implicitement à nous faire vivre, un jour prochain, l’ascension du Mont Gargas et la prochaine aventure de Nadia Barka.
Un excellent moment de lecture à savourer ou à dévorer… Personnellement, j’ai choisi la deuxième option, sans regrets et sans états d’âme.